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A qui est destiné l'implant cochléaire ?

L’implant cochléaire est destiné à toute personne sourde sévère ou profonde, âgée d’au minimum 1 an.

La personne candidate à l’implant cochléaire doit tout d’abord avoir porté un appareil auditif “ordinaire” pendant minimum six mois. Si après ce laps de temps le candidat ne montre aucun bénéfice auditif, s’il ne peut même pas “se débrouiller” avec l’appareil, alors l’implantation sera envisagée. Dans le cas contraire, si le candidat montre un bénéfice, l’implantation lui sera refusée, pour la simple et bonne raison que les électrodes détruisent les quelques cellules ciliées fonctionnant et donc les restes naturels que pourrait avoir cette personne. Il ne faut pas oublier que l’implantation est irrémédiable. Ce qui est détruit par l’implant cochléaire, l’est à tout jamais ! C’est pour cette raison que l’implant n’est utilisé qu’en dernier recourt.

Lorsque l’implant est envisagé, le candidat est reçu pour un bilan préimplantatoire par un médecin, un logopédiste, un psychologue et un ingénieur. Entre eux, ils vont évaluer l’intensité du déficit auditif, de même que la motivation de la personne et de son entourage. Cet aspect est très important, surtout lorsqu’il s’agit d’une implantation pédiatrique et lorsque l’on sait que la rééducation est très longue et pénible.

Des radios et IRM sont effectués pour vérifier que le candidat n’ait pas de malformations et des tests de l’équilibre sont pratiqués, car l’implant cochléaire pourrait provoquer des troubles de l’équilibre.

Avant l’opération, les médecins font une “cochléotomie exploratrice”, ce qui consiste en une petite opération sous anesthésie locale pour vérifier le bon fonctionnement du nerf auditif. En effet, s’il s’avère que celui-ci ne fonctionne pas, l’implant cochléaire devient inutile.

Un des principaux aspects évalué dans la motivation concerne l’envie d’apprendre à parler. C’est en effet ce que vise l’implant. Dès lors, cet apprentissage va dépendre du moment auquel le candidat est devenu sourd.

Si cette personne est devenue sourde après avoir appris à parler (post-lingual), le réapprentissage de la parole se fera relativement facilement, car la personne pourra faire appel à sa mémoire auditive.

Si le candidat est devenu sourd avant l’apprentissage de la parole (pré-lingual), ce dernier sera beaucoup plus difficile à acquérir, car la personne devra commencer par mettre un sens sur les sons, sensations inconnues.

Le développement du langage de la personne implantée est comparable à celui d’un enfant entendant. Ces étapes, bien que dépendantes de chaque enfant, suivent toujours un même ordre. Au début, les productions vocales sont de plus en plus nombreuses et se diversifient (“babillage”). Peu après, la voix devient plus mélodieuse, l’enfant ne crie plus et s’adapte au retour du son. Le nombre de voyelles commence à augmenter, puis les premières syllabes apparaissent. Quelques mois plus tard suivront les premiers mots, et, à 2-3 ans, l’enfant dit des phrases simples et y met quelques éléments grammaticaux.

Plus la personne implantée pré-lingual l’est tardivement, plus le rétablissement de la boucle audio-phonatoire (ce que vise l’implant cochléaire) sera difficile. En effet, cette personne se sera habituée à la boucle visuelle et remplacer l’une par l’autre est très compliqué. En plus, le décalage avec les autres personnes entendantes du même âge ou milieu social ne sera que plus grand. Dès lors, les médecins et les logopédistes s’accordent pour dire que l’implantation sur les enfants est favorable, surtout s’ils sont très jeunes.




Source : Umiker V. (2007), L'implant cochléaire : sa divergence est-elle toujours d'actualité ? Genève: Institut d'études sociales


www.pisourd.ch - 17/11/2017