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L'acquisition de la langue des signes

De nombreuses études ont démontré que l'acquisition de la langue des signes par un enfant ne diffère pas du langage parlé. Elle se fait au même rythme, avec des étapes identiques et la période "critique" d'apprentissage est exactement la même ; de la petite enfance à la puberté, notamment de la naissance à cinq ou six ans.

Les enfants sourds naissant de parents entendants ont tendance à apprendre la langue des signes plus tard que les autres, vers 3-7 ans, au moment où ils entrent en école spécialisée. Ces enfants présentent alors un retard de langage et la qualité de leur langue est moins bonne. Toutefois, une fois dans un cadre adapté, ils rattrapent rapidement leur retard, au point où en peu de temps il devient impossible de les différencier des autres enfants sourds.

A cette même période, grand nombre d'enfants sourds sont suivis par des médecins ORL et ces derniers ont tendance à prôner une éducation uniquement oraliste, soit disant qu'ils doivent absolument savoir parler et qu'une éducation bilingue porte trop préjudice à un tel apprentissage. Pourtant, aucune étude n'a à ce jour pu prouver une éventuelle interférence de la langue des signes sur la langue orale et donc qu'une éducation mixte était nuisible à l'apprentissage de la parole. D'ailleurs, il existe en Suède un consensus par lequel aucun enfant ne peut être candidat à l'implant cochléaire s'il ne communique pas efficacement en langue des signes.

Mettre en place précocement une éducation bilingue n'est pas aisé. Toutefois, ses obstacles ne sont pas d'ordre neurologique ou cognitif. Ils tiennent généralement au fait que les professionnels et les parents ont de la peine à admettre que la première langue de cet enfant soit gestuelle.




Source : Umiker V. (2007), L'implant cochléaire : sa divergence est-elle toujours d'actualité ? Genève: Institut d'études sociales


www.pisourd.ch - 13/11/2018