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Qu'est-ce que la langue des signes ?

Langue n’utilisant que les mains et le haut du corps, langue d’espace, langue en trois dimensions, chaque signe, mot, de la langue des signes est constitué de cinq éléments indissociables:

- La configuration : position que prennent la main et les doigts. En Suisse, les sourds parlent la Langue des Signes Française et utilisent environ 50 confirgurations.
- L’emplacement de la main (ou des mains) en fonction du visage, des bras ou du thorax. Il en existe une vingtaine.
- Le mouvement effectué par la main ou le bras.
- L’orientation de la paume
- L’expression du visage

Une fois les éléments cités ci-dessus combinés, il existerait près de 6000 signes “de
base”, auxquels il faut ajouter les lexiques spécifiques, comme les jargons professionnels, les termes sportifs, informatiques, économiques, ainsi que les dialectes
régionaux.

Syntaxiquement parlant, l’ordre des signes dans une phrase est beaucoup moins
important que leur position dans l’espace, leur direction ainsi que les expressions du
visage qui les accompagnent. Ce sont ces éléments qui vont essentiellement permettre
de comprendre la phrase, et non l’ordre des signes.

Mais attention, cela ne signifie pas pour autant que les signes peuvent réellement être
mis dans n’importe quel ordre ! La langue des signes a tout de même une construction
syntaxique, basée sur la voie visuelle.

Un entendant a sa construction basée sur la voie audiophonatoire et, lorsqu’il parle, la
construction de sa phrase est essentiellement symbolique, c’est-à-dire qu’il va du
général au particulier. Pour un entendant, les propositions *Un jardinier soigne les
roses du jardin public* et Dans un jardin public, un jardinier soigne les roses ont
exactement le même sens et sa construction audiophonatoire lui permet de comprendre
aussi bien la première proposition que la seconde.

Pour un Sourd, cela n’est pas pareil. Sa construction est basée selon la voie visuelle et
il va donc du particulier au général. L’élément central du propos est toujours mentionné en premier, les exemples viennent avant la théorie. De fait, pour un sourd, la proposition signée “mot pour signe” d’Un jardinier soigne les roses du jardin public n’aura pas de sens. Il ne pourra simplement pas comprendre ce que l’on cherche à lui dire. Il comprendra certes les mots jardinier, soigner, roses, jardin public, mais, pour lui, cette phrase n’aura pas de sens et il lui faudra deviner ce que l’on souhaite lui dire.

Selon la logique visuelle, un sourd dira tout d’abord qu’une rose se trouve dans un jardin public et ensuite qu’un jardinier la soigne. C’est ce mode de fonctionnement visuel qui définit le sourd et sa façon de s’exprimer. Cela distingue notamment la langue des signes de la langue orale et du français signé.

Une autre propriété de la langue des signes est, du fait que nous avons deux mains, de
pouvoir produire deux énoncés simultanément. Par exemple, si l’on souhaite dire Je me suis endormi pendant que les lumières s’éteignaient, une main et la tête réaliseront
le signe s’endormir, pendant que l’autre main celui des lumières qui s’éteignent.

Si l’on souhaite donner à un signe une signification plus forte, l’expression faciale sera augmentée.




Source : Umiker V. (2007), L'implant cochléaire : sa divergence est-elle toujours d'actualité ? Genève: Institut d'études sociales


www.pisourd.ch - 25/11/2020