Logo Pisourd
Monde des sourds

> Langue des Signes


haut de la page

fondContentTop

16 vidéos dans ce chapitre

boutonsAgrandir la zone

Texte taille normale Texte taille + Texte taille ++ Imprimer
 
 
 
Pseudo Pisourd Quiz Urgences Dico complet Aide  

Qu'est-ce qu'une langue ?

Une langue répond à un besoin fondamental de communication d’une communauté
humaine, se formant seule avec le temps. Elle n’est donc pas créée par une seule
personne. Cette langue est inséparable de l’histoire et de l’identité de la communauté
dans laquelle elle est pratiquée.

Autrefois, les grammairiens affirmaient qu’une langue est un ensemble de mots organisés par des règles, appelées grammaire, et qui permet alors d’échanger sans aucune ambiguïté. Dès lors, tout individu qui ne parlait pas selon l’art de cette grammaire, était une personne “parlant mal”.

Depuis quelques années, les linguistes ont changé leur vision et ont complété la définition des anciens. Une langue reste un moyen de communiquer régie par des règles de grammaire, mais toutes les variations de vocabulaire ou des règles font partie de la composition de cette langue. La langue devient alors un ensemble complexe et sans cesse en mouvement, pouvant, par exemple, être composée d’un langage courant,
administratif, de jargon professionnel, d’argot, de langage enfantin, etc. (Yves Delaporte, 2002)

Si l’on suit cette vision, il est évident que la langue des signes est une langue. Elle répond en effet à un besoin de communication entre individus sourds, elle a sa propre structure et grammaire, et est inséparable de l’histoire et de l’identité de la culture Sourde. Elle en est même la garante.

De nos jours, il nous semble relativement évident que la langue des signes soit une véritable langue minoritaire. Cependant, il n’y a pas si longtemps de cela, les grammairiens et autres spécialistes la comparaient sans cesse à la langue orale. Ils
concluaient à son infériorité, simplement parce qu’elle n’a pas d’articles, de conjugaison, de prépositions, ni de différence définie entre les verbes, les noms et les adjectifs. Evidemment, si l’on fait comme ces “spécialistes”, ignorant réellement la langue des signes, et que l’on se contente de traduire les signes en mots, le résultat ressemble fortement à ce que l’on appelle couramment du “petit nègre”. Toutefois, si on interprète la langue des signes de la sorte, on oublie que sa grammaire est constituée de l’espace dans lequel est situé chaque signe, ainsi que sa direction, le regard de l’interlocuteur et la présence d’une ou plusieurs personnes. (Bill Moody, 1983)




Source : Umiker V. (2007), L'implant cochléaire : sa divergence est-elle toujours d'actualité ? Genève: Institut d'études sociales


www.pisourd.ch - 25/11/2020