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Quels sont les bienfaits et les limites de l'implant cochléaire ?

Quelques bénéfices :

  • La personne entend des sons.
  • Clarté de la communication globale : faire des bruits, jouer avec la bouche et la langue. Rien à voir avec la langue parlée.
  • Réhabilite la boucle audio-phonatoire.
  • Permet la spontanéité du langage et son acquisition.
  • Permet l’amélioration de la lecture labiale.
  • Aide à poser la voix.

Quelques inconvénients liés à l’implant lui-même :

  • IRM interdits à cause des aimants.
  • Troubles possibles à cause des stimuli électriques (nausées, nerf facial excité, soif, perte d’équilibre).
  • En réponse aux stimuli électriques, la cochlée peut s’ossifier. Pendant un temps, il est possible d’augmenter les stimulations, mais la cochlée termine toujours son ossification.
  • Risques de méningites dans les mois qui suivent l’opération et jusqu’à deux ans après.
  • Le bruit est très fatigant pour la personne implantée.
  • La perception de la parole reste approximative. Les chirurgiens et orthophonistes disent que l’enfant “entend tout”. Cela est vrai, mais uniquement dans une ambiance optimale (sans bruit ambiant) et lorsque les mots ou sons sont isolés. Ainsi si l’on dit à un enfant séparément chacun des mots de la proposition Les chaussettes de l’archiduchesse sont-elles sèches ? l’enfant comprendra chacun de ces mots. Mais dit tous liés, même lentement, l’enfant comprendra Les chauchè de l’archichuchesse chont-elles chèches ? L’exemple est certes caricatural, mais il montre bien qu’en situation normalisée la perception de la parole est difficile pour les personnes implantées.
  • Les expériences langagières sont moindres. C’est-à-dire que les entendants (notamment les familles) ont tendances à simplifier la langue, abandonnant parfois certains détails grammaticaux ou linguistiques.

Quelques constats :

  • La communication orale est certes spontanée et l’intelligibilité s’améliore,

MAIS

  • La compréhension du langage reste approximative (l’enfant comprendra, par exemple, sommeil alors qu’on lui parle de soleil).
  • L’expression est syntaxiquement plus décalée en comparaison aux enfants entendants.
  • La voie visuelle est souvent moins utilisée, car l’accent est réellement mis sur la voie audiophonatoire. Dès lors, l’attention de l’enfant sur la langue et le LPC diminue, la réception du message oral est fluctuante et lacunaire, la lecture labiale est moins performante.

Insistons aussi sur le fait que malgré l’implant, les enfants restent carencés. L’implant réhabilite, mais l’implant ne rend pas entendant. Ne demandons pas à ces enfants trop, trop vite, trop tôt !




Source : Umiker V. (2007), L'implant cochléaire : sa divergence est-elle toujours d'actualité ? Genève: Institut d'études sociales


www.pisourd.ch - 29/05/2017