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Mon enfant est-il surdoué ?

1. “Surdoué”, un mot qui a une consonance différente parmi chacun d’entre nous. Nous avons tous notre représentation d’une personne surdouée. Une espèce de petit génie, un Charlie Chaplin, un Einstein, un enfant qui vous récite tout Molière à 4 ans et qui n’a que d’excellentes notes. Un être à part que l’on envie parfois, que l’on déteste aussi car tout lui semble facile, à qui on ne souhaiterait pas ressembler quand on observe sa façon de s’habiller.

2. Comme beaucoup de sujets, la majorité d’entre nous ignorons tout des spécificités des enfants et adultes surdoués. Beaucoup d’idées reçues malheureuses circulent. Savez-vous par exemple que 70 % des enfants surdoués sont en échec scolaire ? Quel gâchis pour notre société ! Quelles en sont les causes ?

D’aucuns estiment que la surdouance est un mythe, qu’il existe un génie par siècle. D’autres, comme certains enseignants par exemple, fixent, à juste titre puisque nous parlons d’une problématique méconnue, leur priorité en fonction des enfants qui vont mal ou qui sont en retard sur le plan scolaire. Le fait est que si le cas du retard scolaire est avéré, l’inverse est tout aussi problématique. L’enfant reste différent, en dehors. Une dizaine d’autres spécificités inhérentes à la surdouance viennent s’y greffer comme : le fait de ne pas comprendre les consignes (les interpréter littéralement ou ne pas pouvoir penser que ce soit aussi facile), un besoin de précision absolue, une pensée en arborescence, une puissante captation des émotions d’autrui difficilement gérable, un perfectionnisme handicapant, etc). Sans oublier le fait que la plupart des surdoués n’ont pas été diagnostiqués (test de QI de plus de 130) ce qui peut avoir de tristes conséquences : l’éternel sentiment d’être différent, anormal et de tout mettre en oeuvre (jusqu’à même se nier soi-même) pour être intégré.

3. “Être surdoué, c’est penser dans un système différent, c’est disposer d’une forme d’intelligence particulière. C’est aussi grandir avec une hypersensibilité, une affectivité envahissante, qui marquent la personnalité. Ce n’est pas un enfant avec un “plus”, malgré la terminologie ambiguë, ni un génie qui aurait tout reçu.” (1)

“Il en résulte une susceptibilité extrême, douloureuse pour lui, difficile à vivre pour ceux qui l’entourent. Tout le touche et souvent le blesse. Attention à l’impact que peut avoir la moindre remarque, aussi anodine soit elle ! Les réactions impulsives peuvent être violentes et spectaculaires. Les colères bruyantes et ingérables. Mais comment ne pas comprendre cette susceptibilité quand on a intégré à quel point cet enfant ressent tout avec une telle intensité ?”(2)

Les enfants surdoués sont à parts comme tous les autres enfants. Ils ne sont pas plus intelligents, ils pensent juste différemment. Ils possèdent une pensée “en réseaux” qui leur permet de comprendre rapidement. Ils ont une riche personnalité, comme tous les enfants. Une pensée en effervescence (comme les boules du loto) qui ne s’arrête jamais, même pas la nuit et dont il peut résulter des troubles du sommeil. Leur hypersensibilité leur fait porter le monde sur leurs petites épaules. L’incompréhension du monde peut les faire basculer en un rien de temps. Leur regard scrutateur peut être insupportable. Ils comprennent, repèrent, interprètent les émotions des autres rapidement. Ils les portent aussi. Oui, la surdouance est une richesse. Oui, la surdouance est souvent un handicap, un écueil, une barrière qui sépare des autres. Oui, la surdouance a un prix. Celui de tout le temps penser jusqu’à en être épuisé, le sentiment de décalage, la tentation inconsciente de se saboter afin de se fondre dans le moule pour goûter à la délicieuse sensation d’être intégré.

“Pourquoi est-on surdoué ? Il s’agit d’une composante génétiquement programmée comme la plupart des caractéristiques qui nous distinguent les uns des autres. L’un a les yeux bleus, l’autre les cheveux frisés… mais attention ! Génétique ne veut pas dire programmable ! C’est une question de probabilité puis de loi du hasard, totalement aléatoire. On ne peut jamais prévoir comment les gènes se combineront.” (1)

Les parents d’enfants surdoués sont très souvent accusés de pousser leur enfant vers l’excellence. Ce sont des parents comme les autres dont le voeu le plus cher est de voir leur enfant heureux de vivre, bien dans ses baskets et en bonne santé.

L’intelligence est un sujet tabou et le risque d’être prise pour une personne narcissique est grand quand on parle de surdouance. Vous trouverez parmi la plupart des spécificités des enfants dits surdoués ou à haut potentiel (peu importe la dénomination, elles sont toutes les deux inadaptées), les mêmes particularités que chez beaucoup d’enfants ou d’adultes. Il est important de comprendre que chez l’enfant surdoué celles-ci sont exacerbées à l’extrême. D’autre part, il ne s’agit en aucun cas de démontrer que ces enfants possèdent une supériorité quelconque, bien au contraire, ils commencent leur parcours avec un boulet à leur pied. Ils devront apprendre comment vivre avec et au mieux en faire une force.

Il ne s’agit pas de stigmatiser ou de victimiser les enfants surdoués mais bel et bien de leur fournir les armes, comme tout autre enfant, pour affronter la vie en toute sérénité. Il ne nous viendrait pas à l’idée de laisser un enfant qui rencontre des difficultés scolaires livré à lui-même ou de ne donner aucune éducation spécialisée à un enfant handicapé mental. La comparaison est-elle choquante ? Si nous partons du principe qu’un QI insuffisant provoque un handicap, n’est-il pas sensé et même logique que l’opposé provoque également des conséquences néfastes ?

Vous trouverez quelques adresses utiles ici ainsi que deux livres de références pouvant vous aider à trouver d’excellentes pistes.

Adresses utiles
> France
Cogitoz, ANPEIP, AFEP, Portail info, Zeblog, Surdoué info,
> Suisse
ASEP, ASPEDAH, Vinci-Vaud, AVPEH, Pas de centre comme Cogitoz mais des personnes ressources : Doris Perrodin, Nathalie Addor.

Références
(1) L’enfant surdoué, l’aider à grandir, l’aider à réussir
Jeanne Siaud-Facchin
En poche : Odile Jacob pratique, 338 pages, 2008

(2) Trop intelligent pour être heureux ?, l’adulte surdoué
Jeanne Siaud-Facchin
Odile Jacob, 320 pages, 2008




Source : Texte : Mylène Badoux, www.pisourd.ch

Illustrations (dans leur ordre d'apparition)
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www.pisourd.ch - 14/12/2017