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Interview Mme Thérèse Cuttelod, dans les locaux de l'association "Familles Solidaires"

Interprète : Je suis votre interprète. Quand je dis “JE”, ce n’est pas moi qui m’exprime, c’est elle.

Marie : Oui, c’est ça. Vous êtes prêtes ?

...

Bonjour à tous ! Nous sommes ici dans les locaux de l’association Familles Solidaires. Sa mission est d’apporter une aide spécialisée aux enfants et aux adolescents victimes d’abus sexuels, ainsi qu’à leurs familles. Elle accueille également les auteurs d’abus sexuels.

Alors… bonjour ! Comment vous appelez-vous ?

Thérèse Cuttelod : Je m’appelle Thérèse Cuttelod.

Marie : Pouvez-vous nous expliquer ce que fait votre association ainsi que le rôle que vous y tenez ?

T.C. : Familles Solidaires vient en aide aux enfants et adolescents victimes d’abus sexuels, à leurs familles et aux adolescents auteurs d’actes d’ordre sexuel qui nous sont envoyés par le Tribunal des Mineurs. Je suis la psychologue coordinatrice. J’aime bien dire que je suis la porte d’entrée et de sortie de l’association dont je coordonne le travail.

Marie : Nous en avons discuté… mais pouvez-vous nous dire ce qui différencie les abus sexuels des violences sexuelles ?

T.C. : Alors pour moi c’est deux manières en fait d’appeler la même chose. C’est-à-dire que plutôt d’être des choses différentes, c’est plutôt des manières de voir qui sont différentes. Lorsqu’il y a abus sexuel, en particulier envers les enfants ou les adolescents – mais ça peut aussi arriver avec les adultes – l’auteur va utiliser différentes stratégies pour arriver à ses fins et ces stratégies ne sont pas toujours identifiées comme étant de la violence de la part de la victime. Ca veut dire par exemple que, quand on est victime de chantage affectif ou de chantage en tous genres, sur le moment on réalise pas toujours que c’est une forme de violence tout aussi grave et avec un impact aussi grand que la violence physique. Ce qui fait que les victimes elles-mêmes ne vont pas se reconnaître comme étant des victimes de violences sexuelles. C’est pour ça que je préfère le terme d’abus sexuel.

Marie : Avez-vous déjà accueilli des personnes sourdes ici dans votre association ?

T.C. : Oui, une fois.

Marie : Et donc, comment vous êtes vous débrouillé pour communiquer avec cette personne ?

T.C. : Alors, en l’occurrence, cette personne était suivie par une psychologue qui connaissait le langage des sourds et qui est venue faire l’interprète. Cette personne n’a pas souhaité rejoindre des groupes, donc on n’a pas eu ce problème-là. On a travaillé en individuel, puisqu’on propose aussi des entretiens individuels de soutien pour les personnes qui ne se sentiraient pas prêtes à entrer dans un groupe et parce que, voilà, il n’y a pas de groupe ouvert à ce moment-là pour diverses raisons.

Marie : Pouvez-vous nous expliquer comment se déroulent ces groupes ?

T.C. : Alors, les groupes de parole… d’ailleurs, “groupe” est un bien grand mot… il s’agit de petits groupes d’un minimum de 3 personnes pour que ce soit un groupe jusqu’à 7 personnes pour les ados, plutôt 6. Ce sont soit des enfants, soit des adolescentes, soit des adolescents, ou alors les parents, qui se réunissent une fois par semaine pendant 1 heure et demie sur un cycle de 12 séances. C’est-à-dire que, quand elle commencent après la première séance où elle voit si ça lui plaît ou pas, elles s’engagent à venir 12 séances. Et ces séances sont encadrées par deux animateurs, un homme et une femme. Alors, la séance en elle-même, ça dépend. Ca va être soit libre, ce sont les participants qui amènent des difficultés de leur vie quotidienne et on essaie de faire des liens avec eux sur “quelle est la signification que ces difficultés ont, mises en lumière par rapport aux abus sexuels qu’ils ont subis”... est-ce que c’est lié, est-ce que ça n’a rien à voir… voilà. Ou alors on va travailler sur des thèmes spécifiques qu’on prépare : “les bons et les mauvais secrets”, “les difficultés avec la famille”, “les difficultés avec les relations amoureuses suite aux abus sexuels”, etc.

Marie : Toutes ces informations sont très très intéressantes. Merci beaucoup !

(à tous)
L’association dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui n’est pas la seule qui existe. Il existe des services spécialisés dans chaque canton. Pour trouver leurs adresses, rendez-vous dans le thème “Violences” ici sur Pisourd et cliquez sur le lien “Adresses” où vous trouverez ce qui existe près de chez vous.

Au revoir, à bientôt !


www.pisourd.ch - 24/10/2017