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Mis à jour le 31/03/2011 - 2917 vidéos

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Le syndrome de Stockholm (avril 2007)

Bonjour,

Ces derniers mois, les médias du monde entier ont relaté à de nombreuses reprises, "l'affaire Natascha Kampusch", cette jeune fille née en 1988, kidnappée à l'âge de 10 ans et qui s'est évadée après 8 ans de séquestration.

Lors d'enlèvements ou de prises d'otages, le syndrome de Stockholm est souvent à l'ordre du jour. Je vous propose d'y voir plus clair.

Le syndrome de Stockholm , c'est quoi ?

Le syndrome de Stockholm désigne la propension des otages partageant longtemps la vie de leurs geôliers à adopter un peu ou tous les points de vue de ceux-ci.

Ce comportement paradoxal des victimes de prise d'otage, a été décrit pour la première fois en 1978 par le psychiatre américain F. Ochberg qui lui donne ce nom syndrome de Stockholm, en relation avec un fait divers ayant eu lieu dans cette même ville.

Inversement le syndrome peut s'appliquer aux ravisseurs, qui peuvent être influencé par le point de vue de l'otage.

Le fait divers

Le 23 août 1973, un évadé de prison, Jan Erik Olsson tente de commettre un hold-up dans une banque de Stockholm. Lors de l'intervention des forces de l'ordre, il se retranche dans la banque où il prend en otage quatre employés. Il obtient la libération de son compagnon de cellule, Clark Olofsson, qui peut le rejoindre. Six jours de négociation aboutissent finalement à la libération des otages. Curieusement, ceux-ci s'interposeront entre leurs ravisseurs et les forces de l'ordre. Par la suite, ils refuseront de témoigner à charge, contribueront à leur défense et iront leur rendre visite en prison. Une relation amoureuse se développa même entre Jan Erik Olsson et Kristin, une des otages. La légende veut même qu'ils se soient mariés par la suite, mais ce fait fut démenti.

Trois critères pour établir le diagnostic

  • le développement d'un sentiment de confiance, voire de sympathie des otages vis-à-vis de leurs ravisseurs ;
  • le développement d'un sentiment positif des ravisseurs à l'égard de leurs otages ;
  • l'apparition d'une hostilité des victimes envers les forces de l'ordre.
Pour que ce syndrome puisse apparaître, trois conditions sont nécessaires :

  • l'agresseur doit être capable d'une conceptualisation idéologique suffisante pour pouvoir justifier son acte aux yeux de ses victimes ;
  • il ne doit exister aucun antagonisme ethnique, aucun racisme, ni aucun sentiment de haine des agresseurs à l'égard des otages ;
  • il est nécessaire que les victimes potentielles n'aient pas été préalablement informées de l'existence de ce syndrome.
Il apparaît plus difficilement si les victimes potentielles sont préalablement informées de l'existence de ce syndrome. [1]

Le syndrome de Stockholm se différencie des psychoses par un caractère généralement réversible qui se manifeste pendant les jours ou semaines qui suivent la libération. Il est néanmoins susceptible de bouleverser profondément la vie des personnes ayant été détenues (victimisation directe), ainsi que celle de leur famille (victimisation indirecte). Il peut modifier durablement, voire définitivement, la personnalité, les valeurs et les convictions morales de l'individu. L'otage adopte souvent par la suite un jugement permissif vis-à-vis de la délinquance, ainsi qu'une attitude souvent très critique à l'encontre de la société. [2]

J'espère que cette séquence vidéo vous a été utile. A bientôt !


1. www.wikipedia.org
2. CROCQ L., "Les Otages et la violence", document de formation du CISCP, Paris 1998.
CROCQ L., "Pour une nouvelle définition du syndrome de Stockholm", Études épidémiologiques 1989 ; 1 : 165-179.


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